Construction de l’annexe d’un Yacht à moteur anglais

Réalisation par Jean-Claude

En s’inspirant de la méthode « Chazarin ».

 1- Le choix s’est porté sur un canot des Iles Chausey dont la ligne générale se rapproche le plus de celle de l’annexe réelle de ce yacht.

Par contre, et compte-tenu de la taille modeste de cette annexe, le bordage à clins n’a pas été retenu par manque d’expérience essentiellement.

Longueur : 180mm

Largeur : 84mm

 2- Découper les couples dans du contreplaqué ordinaire de 5mm.

Cela peut paraître épais mais va faciliter :

- la pose du ruban adhésif sur la tranche pour éviter que le bordé n’adhère à son support

- la fixation de chaque bordé par des épingles au fur et à mesure de l’avancement du chantier quand on le souhaite.

Ne pas oublier de donner du fruit aux couples au fur et à mesure qu’on va vers l’étrave et le tableau pour que le bordé s’y appuie en plein ; c’est le parage.

 3- La construction se faisant de manière traditionnelle, quille en l’air, les couples sont calés selon une cote correspondant à la tonture au droit de chaque couple afin de pouvoir être fixés et collés sur un plan de travail horizontal.

Ce plan de travail en contreplaqué de 14mm est bardé de clous sur son pourtour et prendra la forme un peu plus élargie du canot.

Cela permettra tout au long de la construction de bien plaquer et coller entre eux les bordés très fins avec des élastiques et des épingles.

Le tableau en acajou sera collé sur une structure en polystyrène avec de la colle UHU POR qui a le mérite de s’enlever comme une peau lors du « démoulage » de la coque terminée.

   PHOTO 1

 4- La quille et l‘étrave sont très fines, 2mm seulement et il est difficile de réaliser une râblure sur toute leur longueur sans risque de les rendre cassantes.

Selon le conseil de JC Chazarin il vaut mieux réaliser un placage très fin sur l’étrave seulement (visible sur la photo 1 en bois foncé).
Comme on ne peut pas les coller sur les couples elles sont maintenues en place par des élastiques.

 

5- La coque étant peinte on recherchera une pose résistante à coupe franche plutôt que le brochetage habituel qui affaiblirait les brodés très fins et qui devient une opération interminable à cette échelle.

Par contre la préceinte étant en acajou on commencera le bordage après celle-ci.(Photo 2)

En effet la préceinte doit être parfaite et ne peut être souillée pendant le travail.

 PHOTO 2

 6- Le démoulage de la coque demande de la patience et beaucoup d’attention.

En effet malgré toutes les précautions prises la colle blanche a malheureusement adhéré par endroit aux couples. (Photo 3)

On constate l’absence de couple, de varangue et d’apôtre d’étrave.

A ce stade la coque est d’une fragilité extrême.

 PHOTO 3

 7- Pour consolider tout cela on fait baigner la quille, l’étrave et la jonction des bordés avec le tableau dans un bain de colle époxy.

De ce fait il devient impossible de réaliser des membrues ployées depuis la quille mais le canot ayant un plancher ce ne sera plus visible quand ce dernier sera posé.

Les membrures ployées sont réalisées en fines bandes découpées dans les « touillettes » à café qu’on trouve sur les aires d’autoroutes. (Photo 4) et on les fait dépasser au-dessus du dernier bordé d’une hauteur correspondant à la future préceinte.

PHOTO 7

 8- Puis pour consolider définitivement la coque on pose la préceinte et la serre-bauqière. (Photo 8)

On peut alors enlever l’entretoise qui maintenait la largeur de la barque pendant les opérations 7 et 8.

 PHOTO 8

 9- Peinture intérieure de la coque et aménagement : plat-bord, coffre avant, banc arrière en « U », plancher et bancs du milieu, courbe de tableau et guirlande. (Photo 9)

A noter que parfois ce type de canot à deux bancs, plus spécialement en Angleterre, possède deux lisses de bancs pour permettre de jouer avec la hauteur de chaque banc en fonction de la taille de l’utilisateur.

A titre personnel je ne vois pas l’utilité d’un tel procédé mais il faut avouer que l’esthétique est sympa.

 PHOTO 9

 10- Puis vient le travail fastidieux de ponçage de la coque et la pose des derniers accastillages très fragiles : anneaux d’amarrage avant et arrière, cadènes de support car le canot est suspendu parallèlement au tableau du yacht, toletières et dames de nage qui sont collées à la cyanolithe pour ne pas risquer de les perdre en navigation.

Et la pose sur la préceinte de deux lisses parallèles qui recevront le cordage de protection du canot. (Photo 10)

 PHOTO 10

 11- Le canot est terminé.(Photo 11)

Les renforts des bancs sont en lamellé collé trois plis d’acajou ; à cette échelle impossible de les réaliser en massif et j’en ai cassé quelques uns avant d’adopter cette solution.

Pour plus de réalisme la coque est peinte avec un pinceau large et un peu vieux pour donner du relief au bordé.

La protection périphérique du canot provient de la anse d’un sac en papier.

En modélisme il faut tout garder !

 Mais un canot sans rames ?

 PHOTO 11

 12- Réaliser un gabarit en carton pour choisir la forme qui plaît ; il y a tellement de variétés de rame.

J’ai opté pour la construction de rames en deux parties (J’avais vu cela sur les barques « Bauquis » du Lac d’Annecy).

Le manchon est en véritable cuir provenant d’un bracelet-montre usager.(Photo 12)

 PHOTO 12

 13- L’annexe en place.

Les défenses viennent d’un magasin de modélisme connu.

Le grappin, comme sur la véritable annexe, vient de ma boîte à malice.

 Pour ceux qui aiment connaître le temps passé, un peu plus de quinze jours en incluant tous les temps de séchage divers.